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    October 19

    On travaille assez

    Lucien Bouchard dit qu'au Québec on ne travaille pas suffisamment... enfin, pas autant que les Étatsuniens ou les Ontariens.  Mais on travaille un nombre satisfaisant d'heures !  On travaille moins d'heures que les Américains ou le reste du Canada, mais on travaille plus qu'en France, Suisse, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas et bien d'autres pays.  Selon le graphique que j'ai vu dans le Journal de Montréal hier, on semble être dans la moyenne en terme d'heures travaillées par semaine.
     
    Je ne pense pas que le nombre d'heures au total soit le plus important à considérer.  Si quelqu'un fait un travail en 50 heures et que le même travail a été effectué par une autre personne en 35 heures, à qualité égale, je dirais que cette dernière a fait, en général, un meilleur travail que l'autre à 50 heures.  Il aura été plus productif.  En fait, si les Chinois peuvent faire un travail pour dix fois moins cher, il faudrait, grosso modo, qu'un québécois soit 10 fois plus productif pour le même genre de travail.  Ceci se fait à l'aide d'avancées technologiques et des processus de travail optimisés.  Ce que je viens de dire ressemble à ce que je disais à propos d'un article de The Economist en janvier dernier.  L'idée c'est d'être plus productifs, mais aussi de former des gens spécialisés en technologie ou de développer encore plus l'économie du savoir.  Il semble que l'éducation jouera un grand rôle dans notre avenir.
     
    C'est bien beau travailler plus, à cause de la mondialisation.  On fait face à des gens qui font le travail pour une fraction du prix de ce qu'un employé coûte ici, mais il ne faut pas oublier notre qualité de vie.  La qualité de vie vient avec la richesse et la richesse vient avec le travail, mais combien de gens se plaignent du manque de temps ?  Après tout, il faut aussi laisser la chance aux jeunes familles.  La dénatalité n'est-il pas un autre problème à régler ?  C'est bien sûr qu'il faudra se poser des questions.
     
    En France par exemple, la semaine normale de travail est de 35 heures.  Cette mesure a été prise pour baiser le taux de chômage au pays, mais les Français se posent des questions aussi.  Est-ce que cette mesure est justifiée quand on entend parler de mondialisation et de grande concurrence entre les pays pour attirer les entreprises et les emplois qui viennent avec ?  Plusieurs Français disent qu'ils travaillent moins d'heures, mais que celles-ci sont plus intensives.  Pour eux, les loisirs doivent mériter une bonne place dans leurs horaires.
     
    Il ne faut pas oublier aussi les épuisements professionnels.  Le burnout n'est pas généralisé, mais il s'agit d'un problème qui existe.  On voit une personne travailler fort, se donner corps et âme à son travail, et tout d'un coup, subitement, on ne voit plus.  Ce sont des gens qui sont loin d'être rentables à leurs employeurs arrivés à cet état.  De même que pour la société en général : frais médicaux, médicaments, etc.  Et combien de fois qu'on a entendu qu'un employé heureux est un employé productif ?
     
    Enfin, tout ça pour dire que malgré les enjeux importants qui se pointent, il faudra faire des choix et une de ces possibilités est de garder un équilibre de vie.  Et dire qu'avant, il y a une vingtaine d'années, on disait que le 21e siècle allait être le siècle des loisirs.  Qu'on travaillerait de moins en moins.  On avait pas vu venir la concurrence féroce nouveaux pays émergeants semble-t-il...

    October 17

    L'anti-américanisme

    Aujourd'hui, à 7h46 ce matin, les état-uniens célébraient leur 300 millionième citoyen.  Ils étaient 200 millions en 1967 et il en prendra 37 ans pour en arriver au 400 millions.
     
    Ceci a un lien.  Les environnementalistes prennent la nouvelle du mauvais oeil.  Avec une augmentation de la population la plus forte des pays industrialisés, certains craignent le désastre.  Nos voisins du Sud consomment et gaspillent beaucoup (nous aussi au Canada, nous gaspillons et consommons beaucoup, mais dans une moindre mesure qu'aux États-Unis).  Et tout ça a un impact sur l'environnement.
     
    Voir, de loin, des gens qui consomment tant -- 25 % des ressources naturelles, alors qu'ils représentent 5 % de la population mondiale -- de la part des pays moins bien nantis, crée un certain anti-américanisme.  Les citoyens qui vivent dans la misère ont bien du mal à comprendre ce fossé gigantesque qui les séparrent.  Ça peut créer une frustration.  Il faut admettre, qu'au contraire, dans d'autres pays, une admiration s'installe.  Avec une logique contraire.  Des gens rêvent d'aller dans ce pays et participer à l'American Dream.
     
    *   *   *
     
    L'anti-américanisme fait encore beaucoup parler.  Ici au Québec, on dit que l'anti-américanisme est généralisé.  Pas aussi fort qu'en France, mais il existe.  Il est de bon ton d'être anti-américain.  La plupart de l'élite intellectuelle fait partie de ce groupe.  Une partie de la population pratique aussi l'anti-américanisme, d'une façon plus primaire peut-être.  Le problème, c'est que l'anti-américanisme est peut-être plus compliqué que ce que la majorité des gens pensent.
     
    Personnellement, je me sens pas anti-américain.  Je suis allé plusieurs fois aux États-Unis et je me m'intéresse à leurs politique ainsi que leurs actualités en général.  Cela dit, ça n'empêche pas d'être critique envers certaines mesures, soit leur politique environnementales -- quoiqu'il y a des efforts qui sont faits, en Californie par exemple -- ou internationnales.  Tout n'est pas noir ou blanc, comme on dit, mais l'anti-américanisme, comme je le disais, est un sujet très vaste.
    October 03

    Journée Internationale contre les DRM

    Aujourd'hui s'organise une journée contre les DRM.  Les DRM, pour Digital Rights Management, sont des mécanismes qui contrôlent la façon dont les oeuvres sont distribués.  L'exemple le plus courant ces temps-ci, c'est Apple avec son iPod et iTunes.  Les fichiers que vous achetez sur le Music Store et qui sont vendues 99¢ l'unité contiennent des DRM.  C'est aussi le cas avec le nouveau baladeur de Microsoft, Zune.  Ce dernier permettra l'échange de pièces musicales entre deux baladeurs Zune.  La personne qui a reçu la pièce ne pourra l'écouter que trois fois en trois jours.  C'est un exemple de l'utilisation des DRM.
     
    Le problème avec ces systèmes de gestion des droits, c'est qu'ils vont à l'accontre de la philosophie de la copie personnelle.  Les auteurs d'oeuvres qui veulent vendre leurs compositions et ainsi demander aux gens de payer pour, ils en ont le droit, ce n'est pas là le problème.  C'est quand vous voulez avoir une copie de la pièce sur votre ordinateur, sur votre baladeur MP3, sur un CD pour écouter dans l'auto, une autre à l'école pour écouter pendant les cours, etc.  L'idée c'est de permettre aux personnes, qui ont réellement payé pour ces droits, d'en disposer comme ils le veulent, alors qu'avec les DRM ce n'est pas nécessairement le cas.
     
    Cette gestion des droits peuvent emmener des dérapages.  Par exemple les CD de musique distribués par Sony pour limiter leur copie.  Ces CDs contenaient des espiongiciels qui s'installaient sur l'ordinateur de l'usager sans que ce dernier n'en soit informé.  Et dans un futur numérique, comment savoir que ces DRM ne seront pas abusifs et qu'ils iront contre les droits des consommateurs ?  Et aussi, quelle sera la place des artistes qui créent ces oeuvres alors que c'est les majors qui décident comment les distribuer ?  Le débat est ouvert.